
SYLVIE DEDET
Exposition du 30 Octobre au 24 Novembre 2026
Repères sur mon chemin de peintre
Cela fait quarante ans que je peins à l'huile, technique qui demande temps, patience et organisation. Les moments d'aquarelle sont plus rares et liés à des circonstances particulières : besoin de « jeter » sur le papier une idée, une impression, de fixer un moment de grâce.
Le thème privilégié est la nature, soit domestiquée comme le jardin, où se produisent chaque jour de micro-évènements observables (qui m'ont également inspiré un livre de Haïkus), soit sauvage ou semi-sauvage comme les montagnes, dont la monumentalité et les contrastes m'impressionnent, et qui sont mon sujet actuel d'investigation.
Peindre avec ce que j'adore. L'histoire de ma peinture se confond avec une série de découvertes émerveillées successives : je vais vers ce qui va le plus motiver ma joie. Faire exister mes rêves, du moins avec ce qui est possible, sur le moment, car souvent la réalisation se fait longtemps attendre...quelques mois, quelques années même. Il faut que ce soit mûr.
Un petit lot de gravures réalisées dans les années 1990 témoignent de la révélation première de la nature essentiellement végétale, par le biais du dessin...bourgeons, fleurs, écorces... Déjà une approche des saisons qui a fait l'objet d'une exposition en 1997, « Les douze mois ».
Découverte des formes, mais aussi des couleurs. Une année, en septembre 1994 (l'entrée dans la saison sombre), un impérieux besoin de rouge s'est fait sentir. Mais que peindre en rouge ? Bien sûr, j'ai pensé à « l'atelier rouge » de Matisse. Or, justement, c'était l'époque où je travaillais au sol sur un grand tapis rouge... Le motif était tout trouvé.
Au sujet des couleurs, étudiante aux Beaux-Arts de Nimes, j'ai eu la chance de suivre les cours de Vincent Bioulès qui nous enseignait l'Histoire de l'Art ainsi que les techniques de peinture à l'huile. Celui-ci avait indiqué notamment la difficulté à introduire le blanc dans la peinture à l'huile. Aussitôt cela m'a paru intéressant d'investiguer dans ce domaine, et, si je regarde en arrière, il y a finalement peu de tableaux où le blanc ne joue pas un rôle.
En ce qui concerne ma technique à l'huile, l'illumination m'a saisie en regardant et en étudiant celle du Greco qui est la base. Mais à partir de cette dernière, j'ai découvert une bonne vingtaine de façons différentes de procéder selon les besoins de chaque tableau.
Abstrait ? Figuratif ? J'aime me situer entre les deux. L'abstrait me paraît plus intéressant quand il est issu de l'observation et de l'enchantement devant la réalité. La poésie, terme dont on honore parfois ma peinture, est justement issue de cette zone incertaine entre figuratif et abstrait.
Sylvie DEDET
"LA VIE RÉVÉE"
Peintre




Montagne blanche


Les fleurs blanches


Lotus


La fabrique


Nuit de Chine


Cerisiers


Rosiers Pompignan II


Le saule vert


Troncs
Parcours biographique
"Quand mon père a quitté la maison, et à l'instigation de ma mère, nous avons, toutes les deux, entrepris une série de voyages pour voir de la peinture, j'avais 17 ans.
Tout d'abord la Hollande : j'ai été totalement subjuguée par la précision, l'humour, la beauté des scènes de genre des peintres hollandais. C'est lors de ce voyage que la peinture m'est apparue comme la vocation idéale...Mais j'étais encore bien loin d'y penser pour moi.
C'est la découverte de Dunoyer de Ségonzac qui m'a amenée à commencer l'aquarelle.
Enfin, et surtout, la rencontre déterminante a été, sur un chantier de fouilles archéologiques, celle d'une élève de l'École des Beaux-Arts de Lille. Nos échanges ont été si fructueux, qu'à la rentrée je m'inscrivais au concours des Beaux-Arts de Nîmes, où j'ai pu apprendre grâce à Vincent Bioulès les techniques de la peinture à l'huile.
Toutefois, avant les Beaux-Arts, j'avais déjà fait des études de lettres classiques à l'Université d'Aix-en-Provence et celles-ci ont été au moins aussi importantes pour moi que celles des Beaux-Arts. Elles m'ont rendue particulièrement sensible à la poésie, surtout à celle de Philippe Jaccottet, aux paysages et aux saisons.
Plus tard, j'ai eu la chance extraordinaire de trouver un livre rare sur le marché aux livres de l'Esplanade :
« Poèmes du zen des Cinq-Montagnes » traduits et commentés par Alain-Louis Colas qui rassemble les poèmes étonnamment modernes de moines japonais allant du XIIIe au XVIe siècle, amoureux de la nature, de la lune et des fleurs...Livre qui est devenu ma bible et qui a inspiré ma dernière série de petits tableaux.




